Vie du domaine 3 questions : Clement Di Costanzo, Maitre de chai

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29 Juillet 2026

Au Château d'Issan, Grand Cru Classé 1855 à Margaux, les vendanges marquent un passage de relais. Après plusieurs mois de travail dans les vignes, les raisins arrivent au chai où commence une nouvelle étape, tout aussi décisive. Clément Di Costanzo, Maître de chai, veille à révéler le potentiel de chaque récolte avec une conviction : un grand vin ne se fabrique pas, il s'accompagne.

1. Lorsque les raisins arrivent au chai, quel est votre premier objectif pour révéler tout le potentiel du millésime ?

« Les vendanges, c'est toujours un moment particulier pour moi. À cet instant, les équipes de la vigne nous transmettent plusieurs mois de travail, et nous avons la responsabilité de prolonger leurs efforts sans jamais trahir ce que la nature nous a offert.

Mon premier objectif est simple : ne conserver que les plus belles baies. La qualité d'un grand vin commence là. Ensuite, tout repose sur l'observation. On goûte les raisins, on analyse leur maturité, leur équilibre, leur potentiel. Chaque parcelle est vinifiée séparément, parce qu'elles ont toutes quelque chose à raconter.

Au fond, notre métier consiste surtout à accompagner le raisin. Nous cherchons à intervenir le moins possible pour laisser le terroir d’Issan s'exprimer avec finesse. L'élégance de nos vins naît de cet équilibre entre précision technique et respect du fruit. »

2. À quel moment considérez-vous qu'un millésime "commence" vraiment ?

« Sans hésiter, lors des assemblages. C'est un moment que j'attends chaque année. Jusqu'alors, chaque parcelle raconte sa propre histoire. Puis, peu à peu, elles se rencontrent et les futurs vins du Château d'Issan commencent à révéler leur personnalité.

C'est un exercice d'une extrême précision, où quelques pourcentages peuvent tout changer. C'est aussi un moment profondément collectif, partagé avec Emmanuel Cruse, propriétaire du Château d'Issan, Éric Pellon, directeur technique, Olivier Chalaud, chef de culture, Edgard Kappelhoff-Lançon, directeur commercial, et bien sûr Éric Boissenot, œnologue conseil de la propriété depuis plus de trente ans. Ensemble, nous recherchons le meilleur équilibre pour exprimer fidèlement le terroir de Margaux tout en respectant la personnalité de chaque millésime.

Chaque année, tout est à recommencer. Les conditions climatiques changent, les raisins évoluent différemment et nous devons nous adapter sans jamais perdre l'identité d'Issan. C'est ce défi permanent qui me passionne : composer avec une nouvelle récolte, prendre les bonnes décisions et révéler le meilleur de ce que la nature nous a offert. »

3. Dans votre métier, quelle est la plus grande idée reçue ? Qu'est-ce que l'on ne soupçonne pas de votre métier ?

« Je pense que les visiteurs n'imaginent pas à quel point chaque décision est réfléchie. Rien n'est laissé au hasard. Chaque décision est prise après avoir observé, dégusté et analysé le comportement des vins.

Pendant les vinifications, nous dégustons chaque parcelle presque quotidiennement. Ces dégustations guident toutes nos décisions : l'intensité des remontages, les extractions ou encore le moment où il faut ralentir. Le moindre choix peut influencer l'équilibre final du vin. Tout est pensé pour révéler le meilleur de chaque millésime et trouver le juste équilibre entre la structure, la finesse et l'élégance qui caractérisent les vins d'Issan.

Ce métier demande une vigilance de chaque instant. Derrière une bouteille de Château d'Issan, il y a des mois de travail collectif pour accompagner au mieux ce que la vigne nous a offert.

Quand une bouteille est ouverte, j'aimerais avant tout qu'elle procure du plaisir. Mais si ceux qui la dégustent perçoivent aussi la patience, la précision et l'engagement des femmes et des hommes qui l'ont élaborée, alors je me dis que nous avons réussi notre mission. »

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