Vie du domaine 3 questions : Jean-Yves Morel, responsable du conditionnement

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26 Août 2026

Au Château d’Issan, chaque bouteille est l’aboutissement d’un long travail collectif. Depuis 2001, Jean-Yves en a accompagné de nombreuses étapes. D’abord vigneron puis tractoriste, il a également travaillé au chai avant de prendre en charge le conditionnement et la logistique de la propriété. Un parcours qui lui offre aujourd’hui une vision particulièrement complète du vin, de la vigne jusqu’à son départ vers les quatre coins du monde.

1. Vous êtes arrivé au Château d’Issan en 2001. Comment votre parcours vous a-t-il conduit jusqu’au conditionnement ?

« Je suis arrivé à Issan comme vigneron. J’ai ensuite travaillé comme tractoriste, puis j’ai eu l’occasion de découvrir également certaines étapes au chai. Ces expériences m’ont permis de comprendre progressivement tout ce qui se joue avant qu’une bouteille n’arrive entre les mains d’un client.

Travailler dans les vignes m’a appris l’importance de chaque intervention et le temps nécessaire pour accompagner la plante au fil des saisons. Le passage au chai m’a ensuite permis de découvrir une autre étape de l’élaboration du vin. Aujourd’hui, au conditionnement, je mesure encore davantage la valeur de tout ce travail.

Cette polyvalence a changé mon regard sur mon métier. Je sais ce qui se trouve derrière chaque bouteille et je comprends que toutes les équipes sont complémentaires. Chacun intervient à un moment différent, mais nous travaillons tous dans le même objectif : préserver la qualité du vin jusqu’à sa destination finale. »

2. On imagine parfois que le travail s’arrête une fois le vin en bouteille. Que se passe-t-il réellement avant qu’une bouteille d’Issan ne quitte la propriété ?

« Le conditionnement est la dernière étape, mais il demande beaucoup de précision. Une fois le vin mis en bouteilles, il faut les protéger et les conserver dans de bonnes conditions avant leur expédition. Puis vient l’habillage : capsule, étiquette, contre-étiquette… Chaque commande est différente selon sa destination et les exigences du pays concerné.

Le métier a d’ailleurs beaucoup évolué depuis mon arrivée. Les formats et les conditionnements se sont diversifiés, les exigences liées à l’exportation se sont renforcées et la traçabilité est devenue beaucoup plus importante. Nous préparons aujourd’hui aussi bien des caisses de six bouteilles que des bouteilles d’exception, jusqu’aux très grands formats.

Cette évolution demande davantage d’anticipation, de rigueur et d’adaptation. La rénovation du bâtiment de stockage en 2019 en est un bon exemple. Une partie du bâtiment a été démolie puis reconstruite, tandis que nous avons continué notre activité dans un espace plus restreint. Nous avons dû revoir notre organisation, optimiser chaque espace et travailler différemment. C’était une expérience très enrichissante, qui nous a montré une nouvelle fois l’importance de savoir s’adapter et de travailler collectivement. »

3. Que ressentez-vous lorsque vous voyez une bouteille d’Issan partir vers l’autre bout du monde ?

« Je ne vois pas seulement une bouteille prête à partir. Je vois le travail de toutes les personnes qui ont contribué à son élaboration, depuis la vigne jusqu’au chai, puis jusqu’à son conditionnement.

En tant que dernier maillon de cette chaîne, j’ai la responsabilité de représenter au mieux ce travail et l’image du Château d’Issan. Savoir qu’une bouteille que j’ai préparée sera découverte à l’autre bout du monde est une vraie fierté.

Après toutes ces années, s’il y a une valeur qui caractérise Issan pour moi, c’est l’exigence. L’exigence de la qualité, à chaque étape, mais aussi la capacité à évoluer avec son temps sans perdre son identité. C’est cette association entre savoir-faire, tradition et adaptation qui permet à Issan de continuer à avancer. »

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