Vie du domaine 3 questions : Sandra Caddeo, Vigneronne

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29 Septembre 2026

Au Château d’Issan, Grand Cru Classé 1855 à Margaux, le millésime se construit bien avant l’arrivée des raisins au chai. Tout au long de l’année, les équipes du vignoble accompagnent la vigne au rythme de son cycle végétatif et des saisons. Parmi elles, Sandra participe aux différents travaux viticoles et pratique notamment la taille, étape déterminante dans la préparation de la future récolte. Un métier de terrain dont elle nous parle aujourd’hui.

 

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans le fait de travailler dans les vignes ?

Ce que j’aime avant tout, c’est être dehors, au contact de la nature. Dans les vignes, on vit vraiment avec les saisons. Le paysage change, la végétation évolue et notre travail aussi. Il y a toujours une nouvelle étape qui commence.

C’est un environnement dans lequel je me sens bien. Être en extérieur m’apporte une forme de tranquillité et me permet d’avoir l’esprit plus posé. Même si certaines périodes sont évidemment plus intenses que d’autres, j’apprécie ce rythme et le fait de ne pas passer mes journées enfermée.

J’aime aussi l’aspect très concret de mon métier. Ce que nous faisons à un moment donné de l’année aura une conséquence quelques semaines ou quelques mois plus tard.

Si j’aime travailler au Château d’Issan, c’est aussi le relationnel. Nous avons une bonne entente dans l’équipe et je trouve les responsables accessibles et à l’écoute. Cela permet de travailler dans un climat serein, avec peu de stress au quotidien. Dans un métier où l’on passe beaucoup de temps ensemble, dehors et par tous les temps, cela compte énormément.

Pour moi, aimer son métier, ce n’est donc pas seulement aimer travailler dans les vignes. C’est apprécier l’environnement dans lequel on le fait, les personnes avec lesquelles on partage ses journées et avoir la satisfaction, saison après saison, de voir le résultat de ce que l’on a contribué à construire.

Vous pratiquez notamment la taille, un travail encore souvent associé aux hommes dans les équipes viticoles. Qu’est-ce qui vous plaît dans ce geste ?

Personnellement, je ne considère pas la taille comme un travail spécialement réservé aux hommes. C’est un savoir-faire qui s’apprend et qui fait partie du métier de vigneron. Je suis aujourd’hui la seule femme de l’équipe à la pratiquer au Château d’Issan, mais ce n’est pas quelque chose auquel je pense particulièrement lorsque je suis dans les vignes.

Ce qui m’intéresse davantage, c’est ce que la taille implique pour la suite. On ne coupe pas simplement du bois au hasard : il faut regarder le pied, observer sa structure et réfléchir à ce que l’on va conserver pour accompagner la végétation et préparer la future récolte. Chaque pied est différent, il faut donc s’adapter à ce que l’on a devant soi.

C’est aussi un travail dont on peut suivre le résultat dans le temps. Une fois la taille terminée, la vigne reprend progressivement son cycle : les bourgeons apparaissent, les rameaux se développent, puis viennent la floraison et la formation des grappes. On retrouve quelques mois plus tard une vigne sur laquelle on est soi-même intervenu en hiver.

C’est cette continuité que j’aime particulièrement. Il y a une vraie satisfaction à voir la parcelle évoluer jusqu’aux vendanges et à mesurer le chemin parcouru entre le moment où l’on taille le pied de vigne et celui où l’on en récolte les raisins.

Quels sont les moments de l’année que vous attendez particulièrement dans les vignes ?

Il y en a deux : la période des vendanges et la saison de l’hiver. Ce sont presque deux extrêmes dans le calendrier viticole, mais ce sont les périodes que j’apprécie le plus.

Les vendanges marquent l’aboutissement de plusieurs mois passés à accompagner la vigne et c’est le moment où tout ce travail devient très concret. Il y a aussi une ambiance différente dans la propriété, nous sommes tous portés par cette satisfaction de voir enfin arriver au chai les raisins que nous avons bichonné toute l’année.

Et puis, presque à l’opposé, j’aime beaucoup la période hivernale. La vigne entre dans une autre phase et nous retrouvons des travaux que j’apprécie particulièrement : la taille, le pliage, l’entretien et l’accanage des pieds de vigne. C’est le début d’un nouveau cycle, d’un nouveau millésime. La récolte précédente est derrière nous et nous commençons déjà à préparer la suivante.

Finalement, c’est peut-être ce lien entre les différentes saisons que j’aime le plus dans mon métier : rien ne s’arrête vraiment aux vendanges. Une année se termine et un nouveau chapitre débute.

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